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Art moderne en Bretagne : repères d'histoire, de Pont-Aven à la presqu'île de Crozon

il y a 1 jour
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Art moderne en Bretagne : repères d'histoire, de Pont-Aven à la presqu'île de Crozon

Sommaire




Introduction


Vous cherchez à situer une peinture bretonne dans son époque sans vous perdre dans les écoles ? L'art moderne en Bretagne tient à quelques dates et à quelques lieux précis.


Entre 1886 et les années 1960, le Finistère a vu passer des peintres, des graveurs, des céramistes et des ébénistes. Leurs ateliers dessinent une carte lisible, du Trégor jusqu'à la presqu'île de Crozon.


Cet article suit cette chronologie, mouvement par mouvement, avec les figures et les ateliers qui l'ont portée. Il s'adresse aux amateurs, aux héritiers et aux décorateurs qui veulent nommer ce qu'ils regardent.


Crozon Antiquités tient boutique quai Kador, à Morgat, et suit ces périodes depuis 2002. La maison est membre du SNCAO-GA et se déplace dans toute la France.


Les repères donnés ici servent à poser les bonnes questions devant une pièce, pas à conclure seul. L'examen matériel vient toujours après la lecture historique.



Pont-Aven, 1886 : un point de bascule


Pont-Aven n'était qu'un bourg de l'Aven quand les premiers peintres américains et scandinaves s'y installent, dans les années 1860. La pension Gloanec les loge et les nourrit, souvent en échange de toiles.


Paul Gauguin arrive en 1886 et revient à plusieurs reprises jusqu'en 1894. Le groupe qui se forme autour de lui porte depuis le nom d'école de Pont-Aven.


Émile Bernard, Charles Laval, Henry Moret, Maxime Maufra et Ferdinand du Puigaudeau en font partie à des titres divers. Le groupe n'a jamais eu de statuts ni de manifeste.


Ce qui les réunit est une manière de peindre : aplats de couleur, cerne sombre, perspective aplatie. Les sujets restent empruntés au pays, calvaires, lavandières, marchés et chapelles.


Le Pouldu, à une dizaine de kilomètres, prend le relais en 1889 et 1890. La buvette de Marie Henry sert alors d'atelier collectif à Gauguin et à Meyer de Haan.



Le synthétisme en quelques mots


Le synthétisme consiste à réduire un motif à ses lignes et à ses masses colorées, sans modelé. Le cloisonnisme cerne chaque aplat d'un trait, à la manière d'un vitrail.


Cette simplification a ouvert la voie aux générations suivantes, bien au-delà du Finistère. Elle explique aussi pourquoi une toile de 1890 peut sembler plus récente qu'elle ne l'est.



Des Nabis à la diffusion parisienne


En octobre 1888, au Bois d'Amour de Pont-Aven, Paul Sérusier peint un petit panneau sur un couvercle de boîte à cigares. L'œuvre est entrée dans l'histoire sous le titre du Talisman.


Rapporté à Paris, ce panneau sert de preuve à un petit groupe d'élèves de l'académie Julian. Maurice Denis, Pierre Bonnard, Édouard Vuillard et Paul Ranson forment alors les Nabis.


Le mot vient de l'hébreu et désigne les prophètes, choisi par dérision autant que par conviction. Le groupe tient une dizaine d'années, jusqu'au tournant du siècle.


L'essentiel, pour un amateur, est la chaîne de transmission : Gauguin à Sérusier, Sérusier aux Nabis, les Nabis aux arts décoratifs. Une même recherche passe de la toile au décor, puis au mobilier.


Les Nabis travaillent le paravent, l'éventail, l'affiche et le papier peint autant que le tableau. Cette porosité annonce les Seiz Breur de trente ans plus tard.



Ce qu'un panneau de 1888 a changé


Sérusier s'installe ensuite à Châteauneuf-du-Faou, dans le centre du Finistère, et y reste jusqu'à la fin de sa vie. Ses décors d'église marquent la fin du parcours ouvert à Pont-Aven.


La période nabie se reconnaît à ses formats intimes, à ses papiers collés et à ses lithographies. Les épreuves circulent encore en Bretagne, dans les successions comme dans les salons.



Camaret, Morgat et les colonies de peintres


La presqu'île de Crozon entre dans cette histoire un peu plus tard, par Camaret-sur-Mer et par Morgat. Les deux ports attirent les peintres dès les années 1890.


Charles Cottet y travaille dès 1886 et en tire les toiles sombres qui ont fait sa réputation. Son triptyque Au pays de la mer est né de ces séjours.


Avec Lucien Simon et André Dauchez, il forme ce que la critique a appelé la bande noire. Leur palette tranche avec celle de Pont-Aven, plus claire et plus décorative.


Morgat devient station balnéaire dans les mêmes années, quand la famille Peugeot y fait bâtir un grand hôtel. Les villas et les grottes marines amènent une clientèle de passage, et avec elle des commandes.


Les peintres de passage logent chez l'habitant et paient parfois en toiles, comme à Pont-Aven. Ces œuvres ressortent aujourd'hui des successions de la presqu'île.



Camaret et la presqu'île dans les tableaux


Les motifs reviennent d'une toile à l'autre : la tour Vauban, les sloups de langoustiers, la chapelle de Rocamadour. Un tableau de Camaret se date souvent par son port.


Le poète Saint-Pol-Roux s'installe à Camaret en 1898 et y reçoit écrivains et peintres pendant quarante ans. Sa maison a tenu lieu d'atelier autant que de refuge.



Les Seiz Breur et l'art moderne breton


En 1923, Jeanne Malivel, René-Yves Creston et Suzanne Creston fondent l'Unvaniezh Seiz Breur. Le nom signifie les sept frères, d'après un conte populaire.


Le programme du groupe est clair : sortir la Bretagne du pastiche et lui donner des arts décoratifs de son temps. Mobilier, céramique, gravure et textile entrent dans le même atelier.


L'Exposition internationale des arts décoratifs de Paris, en 1925, leur sert de tribune. Un ensemble breton y est montré, sous le nom de Ty Breiz.


Jeanne Malivel meurt en 1926, à trente ans, mais le mouvement se poursuit jusqu'aux années 1940. Ses bois gravés restent les pièces les plus recherchées de la période.


Ces productions forment aujourd'hui un ensemble cohérent, du mobilier à la vaisselle. La page art de Bretagne de la boutique réunit ces objets, par période.



Les Seiz Breur et les faïenceries de Quimper


Les faïenceries de Quimper, HB et Henriot, produisent des modèles dessinés par les artistes du groupe. Mathurin Méheut y a signé plusieurs services, dans les mêmes années.


Un décor Seiz Breur se reconnaît à sa géométrie, à ses personnages stylisés et à ses marques au revers. L'estampille indique l'atelier et la période, parfois le décorateur.



Henri Rivière, l'estampe et le Japon


Henri Rivière découvre la Bretagne en 1884 et y revient chaque été pendant près de quarante ans. Loguivy-de-la-Mer, près de Paimpol, devient son port d'attache.


Il grave d'abord sur bois, à la manière japonaise, avec une planche par couleur. La série des Paysages bretons compte quarante estampes, publiées entre 1890 et 1894.


Rivière passe ensuite à la lithographie en couleurs, plus souple et mieux adaptée aux tirages suivis. La Féerie des heures et Le Beau Pays de Bretagne prolongent la même recherche.


Son influence déborde l'estampe : les affichistes et les illustrateurs bretons lui doivent beaucoup. Les tirages d'époque portent une signature au crayon et parfois un cachet d'atelier.


Le japonisme traverse toute cette production, du cadrage décentré aux grands aplats de ciel. Les estampes d'Hokusai et d'Hiroshige circulaient alors à Paris, par caisses entières.



Lire une épreuve d'estampe


Une épreuve se juge sur la netteté du trait, la fraîcheur des encres et l'état du papier. Le numéro de tirage se lit en marge basse, à gauche du titre.


Une reproduction tardive se repère à la trame d'impression, visible à la loupe. Le papier n'a alors ni grain ni filigrane, et les marges sont rognées.



Après 1945 : abstraction et art singulier


L'après-guerre disperse les groupes et installe d'autres questions, à commencer par l'abstraction. Tal Coat, né à Clohars-Carnoët en 1905, passe de la figure au signe.


Jean Bazaine et Alfred Manessier, actifs dans les mêmes décennies, travaillent le paysage et le vitrail. Leurs recherches croisent souvent la Bretagne, sans s'y réduire.


André Even, né à Pont-Aven en 1918, poursuit une peinture de paysage tenue à l'écart des modes. Son œuvre reste attachée à l'Aven et à ses rives.


Anton Prinner, arrivé de Budapest en 1927, travaille le bois, le fer et la terre à Paris puis à Vallauris. Son parcours relève de l'art singulier autant que de la sculpture.


Des pièces de cet artiste passent en boutique, comme un pare-feu de foyer ou une sculpture de la même période. Chaque objet est décrit dans sa fiche, au cas par cas.



L'art singulier, une catégorie tardive


L'expression art singulier s'impose dans les années 1970, pour des œuvres tenues hors des circuits académiques. Elle recouvre des pratiques très diverses, de la sculpture assemblée au dessin obsessionnel.


Crozon Antiquités suit ce champ aux côtés de l'archéologie, de l'art médiéval et du XVIIIe siècle. L'univers art moderne de la boutique en ligne rassemble ces périodes.



Où voir l'art moderne breton aujourd'hui


Le musée de Pont-Aven conserve le fonds le plus directement lié à l'école, dans la ville même. Son parcours suit les séjours de Gauguin et leurs suites.


Le musée des beaux-arts de Quimper présente une salle Pont-Aven et un cabinet consacré à Max Jacob. Les beaux-arts de Brest complètent avec la bande noire et le paysage.


À Rennes et à Morlaix, d'autres fonds documentent les Seiz Breur et l'estampe bretonne. Les cabinets d'arts graphiques se visitent sur rendez-vous, souvent hors des salles permanentes.


Le marché, lui, se tient dans les salons et les boutiques, de Quimper à Rennes. L'agenda des salons donne les dates de la saison, salon par salon.


Le salon des antiquaires de Quimper, celui de Lorient et la brocante des Lices jalonnent l'année bretonne. Ces rendez-vous servent de terrain d'observation à l'année.


Les galeries et les boutiques de Quimper, de Lorient et de Rennes montrent ces périodes au fil de l'année. La presqu'île de Crozon garde ses propres fonds, dans les maisons de famille.



Les collections publiques et le marché


Un fonds public sert de référence : il montre des pièces datées, documentées et comparables. Un amateur y apprend à lire une signature avant de chiner.


La maison se déplace dans toute la France pour les successions et les ensembles complets. Nos interventions à Paris suivent la même méthode qu'en Finistère.



Ce que la chronologie apporte à un amateur


Dater une pièce, c'est d'abord la replacer dans une suite de décisions techniques et de lieux. Une toile cernée d'un trait sombre renvoie à Pont-Aven plutôt qu'aux Nabis.


Une estampe en couleurs tirée de planches de bois oriente vers Rivière et ses contemporains. Un décor géométrique sur faïence conduit aux Seiz Breur.


Cette lecture ne remplace pas l'examen de la pièce, mais elle oriente les questions à poser. La provenance, l'état du châssis et la nature du support viennent ensuite dans l'ordre.


Nos services couvrent l'achat, la vente, le conseil, le courtage et la restauration d'objets d'art. Une estimation est établie après examen de la pièce.


Le mobilier des années 50 relève de la même histoire, par ses matériaux et ses lignes. Un meuble audio des années 50 se lit comme une pièce datée, au même titre qu'une toile.



Dater par le contexte, puis par la matière


Le contexte donne une période probable, jamais une certitude. L'examen du support, du vernis et du rentoilage resserre ensuite la datation.


Un rentoilage ancien, un châssis à clés ou un encadrement d'origine sont autant d'indices convergents. Ils se consignent par écrit avant toute mise en vente.



Repères d'époque, atelier par atelier


Le tableau ci-dessous rassemble les repères utiles, période par période. Il ne remplace pas l'examen d'une pièce.


Les colonnes suivent trois questions simples : quand, à quoi le reconnaître, et où cela se fabriquait. Chaque ligne renvoie à une section de cet article.


Période

Repères de style

Ateliers et lieux

1886-1894

Aplats, cerne sombre, perspective aplatie

Pont-Aven, Le Pouldu

1888-1900

Formats intimes, lithographie, papier collé

Paris, Châteauneuf-du-Faou

1890-1914

Palette sombre, marines, figures de port

Camaret, Morgat, Sainte-Marine

1890-1920

Bois gravé japonisant, lithographie en couleurs

Loguivy-de-la-Mer, Paimpol

1923-1940

Géométrie, personnages stylisés, marques au revers

Quimper, Rennes, Nantes

1945-1970

Signe, abstraction, assemblages, art singulier

Paris, Vallauris, Pont-Aven



Le mot d'une héritière de la presqu'île


Une héritière a confié à la maison un ensemble de toiles et d'estampes trouvé dans une maison de famille, près de Morgat. Son récit tient en quelques phrases.


« Nous avions des cadres accrochés depuis cinquante ans sans savoir qui les avait peints, et la datation a rendu une histoire à chaque mur. »


Ce type de demande revient souvent dans la presqu'île de Crozon, où les maisons se transmettent peu meublées. Le tri se fait pièce par pièce, avec les papiers de famille sous la main.


Une estimation est établie après examen, et l'ensemble peut être vendu, confié en courtage ou conservé. La décision revient toujours à la famille.



Questions fréquentes


Qu'est-ce que l'école de Pont-Aven, en une phrase ?


Un groupe de peintres réunis autour de Gauguin à Pont-Aven entre 1886 et 1894. Ils partagent une manière, pas un manifeste.


Les Nabis sont-ils un mouvement breton ?


Non, le groupe s'est formé à Paris, mais son point de départ est un panneau peint à Pont-Aven. La filiation passe par Paul Sérusier.


Quels ateliers bretons ont produit des arts décoratifs modernes ?


Les faïenceries de Quimper, HB et Henriot, et les ébénistes liés aux Seiz Breur. Les marques au revers permettent de situer la production.


Comment distinguer une estampe d'époque d'une reproduction ?


Le papier, le grain et la signature au crayon se vérifient à la loupe. Une trame d'impression régulière signale une reproduction tardive.


Crozon Antiquités achète-t-elle ces périodes ?


Oui, l'art moderne figure parmi les champs suivis par la maison depuis 2002. Les propositions se font depuis la page contact.


Faut-il déplacer les œuvres pour une estimation ?


Pas nécessairement : la maison se déplace dans toute la France pour les ensembles. Un rendez-vous se prend à Morgat pour les pièces transportables.



Demander une estimation


La maison reçoit sur rendez-vous, 4 et 18 quai Kador, à Morgat. Les demandes se traitent dans l'ordre d'arrivée.


 
 
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